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Actualité / Vendredi 29 Mai 2009 - Interview de Brigitte Barèges dans L'Opinion indépendante

Vous avez été nommée «parlementaire en mission» auprès du ministre chargé de la mise en œuvre du plan de relance Patrick Devedjian. Quel est concrètement votre rôle ?

Le Premier ministre François Fillon m’a en effet désignée à la fin du mois de février avec six autres parlementaires. La zone qui m’a été confiée comprend les régions Midi-Pyrénées, Aquitaine, Poitou-Charentes et Limousin et concerne des chantiers très divers. L’idée générale est de relancer l’économie par l’investissement. Il faut donner du travail notamment au secteur du bâtiment pour enrayer le chômage. Je suis en quelque sorte un ambassadeur. A moi de faire de la communication pour que nos différentes actions soient connues. Je suis également un aiguillon auprès de l’administration : je dois vérifier sur le terrain les avancées réelles des dossiers. Je rencontre par exemple les préfets et les grandes directions administratives comme les DRAC (Directions régionales des affaires culturelles). Je suis munie pour tout dire d’un tableau de bord qui me permet de suivre les chantiers un par un et de noter qu’ils démarrent bien en 2009. Je précise qu’ils peuvent être reportés sur le court terme par le biais de ce que nous appelons la clause de dégagement d’office et que ce travail m’amène aussi à faire remonter des projets qui sont en attente.

Certains ont jugé que la région Midi-Pyrénées avait été défavorisée dans le cadre de ce plan de relance…

Je rappelle qu’il y a sur la table 77 millions d’euros pour les chantiers d’Etat, 75 millions pour le budget autonome de la Défense, 25 millions pour le logement, 213 millions pour le soutien à la trésorerie des entreprises et 88 millions pour le volet social (aide à l’embauche, prime de solidarité active, prime pour les travailleurs précaires…). Sans compter ce qui constitue la mesure-phare à mes yeux : le Fonds de compensation pour la TVA (FCTVA). Chacun sait que les collectivités paient la TVA lorsqu’elles réalisent des investissements en étant remboursés par l’Etat avec deux années de décalage. La FCTVA change ce système. Cette convention, sur la base du volontariat, implique qu’elles soient remboursées en 2009 pour 2007 et 2008 si elles investissent un euro de plus que leur moyenne sur les quatre dernières années. Le 5 mai, 1291 collectivités de la région avaient accepté de passer cet accord qui représente localement 200 millions. En effectuant une simple addition, on se rend compte que plus de 600 millions d’euros ont été injectés par l’Etat.

D’autres mesures sont-elles prévues ?

Notre démarche est évolutive. Pour ma part, je fais le point avec Patrick Devedjian tous les quinze jours. Il faudra agir en fonction des besoins constatés sur le terrain. Certains projets sont déjà en cours : je pense au traitement de cinq sites pollués que l’on envisage et à des investissements publics exceptionnels. EDF s’impliquera par exemple pour réaliser quatre barrages hydroélectriques dont deux en Midi-Pyrénées.

On entend, et parfois au sein de votre camp, que votre futur adversaire Martin Malvy est à créditer d’un bon bilan…

Ceux qui disent cela se sont bien gardés de se présenter face à lui ! Ils auraient de toute façon échoué avec un état d’esprit pareil. Tout n’est pas noir bien entendu mais je remarque ceci : depuis 2004, le Conseil régional a augmenté de 30 % les impôts directs et de 32 % la taxe professionnelle. Et dans quel but ? Quand le président Malvy a exposé son budget 2009, je me suis dit qu’il n’avait pas compris que nous étions dans une situation de crise. Il aurait pu baisser la TIPP (NDLR : Taxe intérieure sur les produits pétroliers) qui est au plafond alors que le coût du carburant a chuté. Il a préféré ne consacrer que 3 % à l’économie. Puis il y a des choix idéologiques. Il ne s’est pas engagé concernant le barrage de Charlas pour faire plaisir à quelques écologistes. Nous avons pourtant besoin de ce réservoir d’eau pour sortir le monde agricole d’une situation mêlant incompréhensions et restrictions de pompage. Je veux régler ce problème avec l’accord de l’Etat. J’observe enfin qu’il avait promis en 2004 d’apporter le très haut débit partout. Nous sommes loin du compte.

Comment allez-vous animer votre campagne ?

Nous organiserons une grande réunion publique à Toulouse au mois de juillet. Je dois également parcourir chaque département et établir pragmatiquement mon programme en prenant soin de l’étalonner budgétairement. La maîtrise des dépenses publiques est l’un de mes combats. Puis nous mettrons en place des conventions thématiques de septembre à décembre pour enfin entrer dans le vif du sujet à partir de janvier.

La question du cumul des mandats a récemment refait surface. Vous détenez les mandats de député du Tarn-et-Garonne, maire de Montauban et président de la communauté d’agglomération du pays de Montauban et des Trois rivières. Comprenez-vous que cela puisse choquer ?

Je me méfie de l’antiparlementarisme primaire. Au sujet de ce qui s’est passé autour de la loi Hadopi, il faut parler d’une mauvaise gestion du groupe majoritaire à l’Assemblée et d’un coup tordu des socialistes. Je précise que je suis deux jours par semaine à Paris où je travaille beaucoup en commission. Ce qui ne m’empêche pas de travailler en circonscription. Je l’avoue : j’étais contre le cumul des mandats avant d’être élue et je pense aujourd’hui que c’est formidable pour nourrir sa réflexion à partir de la réalité du terrain.

Etes-vous favorable à la politique d’«ouverture» menée par Nicolas Sarkozy ? L’attitude d’un Bernard Kouchner laisse au mieux songeur…

L’ouverture, je l’ai pratiquée moi-même sur ma liste pour les municipales. Et je n’ai jamais dit que j’étais contre l’ouverture. J’ai simplement montré mon opposition à l’idée de faire entrer un Jean-Michel Baylet au gouvernement. Je n’ai pas d’avis à donner sur Bernard Kouchner.

Quel regard portez-vous sur la campagne européenne où l’on voit, à travers les sondages, des Français plutôt mécontents de leur président mais prêts à placer les listes de l’UMP en tête ?

Les Français sont parfois compliqués à comprendre. Je crois qu’ils soutiennent Nicolas Sarkozy en restant un peu râleurs. Les choses évoluent dans le bon sens. Sa côte de popularité remonte. Il doit cela au G20 où il a imposé la présence des pays émergeants, à sa gestion exemplaire de la crise et au plan de relance qui fonctionne. Il est le seul qui soit crédible à son poste. Il tient la barre alors que le seul programme de François Bayrou est d’être contre lui et que les socialistes se tirent dessus en permanence… Il a qui plus est compris qu’il fallait dépasser certains clivages. A mon échelle, j’ai construit plus de logements sociaux que mes prédécesseurs socialistes ! Et n’oublions pas que l’UMP rassemble. Elle joue le jeu avec le Nouveau Centre ou la Gauche moderne. Nous donnons l’image de personnes qui avancent.

Propos recueillis par Vincent Aufrère

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